Vous êtes dans : Accueil > A la Une > Quand insertion rime avec progression et même innovation !

Quand insertion rime avec progression et même innovation !

© Développement 25

Démonstration avec Développement 25 et le Fonds Social Européen dans le Doubs.

Sortir des minima sociaux, retrouver une activité valorisante quand on bénéfice du RSA passe parfois par le statut de travailleur indépendant. Alors que la crise limite les possibilités d’embauches, les personnes les plus éloignées de l’emploi salarié en raison d’un chômage de longue durée ou d’une fragilité individuelle peuvent trouver, dans la création d’une activité autonome compatible avec leurs aspirations, une solution à leurs difficultés. Encore faut-il qu’elles soient accompagnées car les entreprises lancées par les travailleurs indépendants allocataires du RSA se révèlent plus fragiles que la moyenne.

Cofinancée par le Fonds social européen au titre de la création d’entreprise via une subvention globale FSE attribuée au Conseil général du Doubs, l‘Agence de développement économique du Doubs, Développement 25, organise des entretiens individuels, des ateliers thématiques et un suivi personnalisé des allocataires du RSA, candidats à la création de leur activité.

En un peu plus de deux ans, avec le soutien du Fonds social européen qui lui a octroyé 145 000 € de crédits, ce programme a déjà permis de rencontrer 771 de ces travailleurs indépendants allocataires du RSA. Certains ont concrétisé leur rêve et pérennisé leur propre activité. D'autres, parce que leur entreprise n’était pas viable ou que partiellement, ont été réorientés professionnellement.

« La première étape, lorsque nous accueillons ces allocataires du RSA, c'est bien sûr d'établir avec eux un diagnostic qui détermine la viabilité de leur projet », confirme Philippe Paul, directeur de Développement 25. « S'il nous apparaît risqué ou peu viable, nous conseillons au demandeur de choisir une autre voie pour lui éviter une dégradation encore plus importante de sa situation sociale et financière. A l'inverse, quand le projet nous semble présenter les conditions requises, nous l'encourageons et mettons à son service l'ensemble de nos outils. Les ateliers thématiques, d'abord, qui l'aident à mieux appréhender les problématiques de gestion, de commercialisation ou de communication indispensables au bon développement de sa future activité. L'un des intérêts de ces moments collectifs, c'est aussi de rompre son isolement. Les travailleurs indépendants sont souvent seuls dans leur métier et le deviennent encore plus s'ils sont en situation difficile. Echanger avec d'autres est donc pour eux fondamental. »

Ensuite, un suivi spécifique prend le relais. Les entretiens individuels permettent de l'adapter au plus près des besoins. « La mise en place du programme nous a aidés à mieux connaître ce public », souligne Stella Buerick, chargée de cette mission. « Le profil type de l'allocataire du RSA travailleur indépendant dans notre département du Doubs est majoritairement masculin (65%), titulaire d'un CAP ou d'un BEP, d'une moyenne d'âge de 35 ans. Les secteurs d'activité les plus demandés sont le commerce (41 %) et les services aux particuliers ((24 %). » Si le dispositif est trop récent pour en dresser un bilan précis, car trois ans de recul sont nécessaires pour évaluer correctement la pérennité des activités, Stella Buerick juge « positifs » ses premiers enseignements. « Sur 90 allocataires sortis du dispositif RSA en 2012, plus de 30% sont sortis grâce à leur entreprise», se réjouit-elle. « Comme nous visions un taux de réussite de 15 %, ce résultat est très encourageant. »

© Développement 25

La clé du succès, pour Développement 25, c'est d'avoir pris en compte l'environnement global de la personne au-delà des seuls critères économiques. « Ce contexte influe la plupart du temps sur le devenir de son projet », constate Philippe Paul. Quelques-uns de ces travailleurs indépendants se sont même positionnés sur des secteurs innovants ou émergents et ont pu apporter des solutions inédites à des besoins nouveaux.

« Les missions du Fonds social européen relèvent d'histoires profondément humaines », note le directeur de Développement 25. « Savoir investir dans les personnes est sans doute le facteur de richesse le plus important en Europe. »